lemouvementassociatif-centre.org
Image default

Partager son parking entre particuliers

Parkadom est l’un des pionniers du partage de places de parking en France. Lancé il y a deux ans pour répondre à l’augmentation régulière du prix du stationnement et la diminution de leur nombre dans les grandes villes, le concept trouve peu à peu ses marques.

Alors étudiants en école de commerce, Alexandre Poisson et Benjamin Pozzi sont partis de leur expérience d’automobilistes et d’un constat : « le prix des parkings publics augmentait chaque année ». C’est ainsi qu’est né en octobre 2012 le site Parkadom.com, qui se veut une alternative aux modes de stationnement « classiques » qui en réduisant le coût de revient et le temps passé à le chercher. Le principe est simple : « Le propriétaire, s’il est habilité à sous-louer sa place, la rentre dans la base de données du site, précise-t-on du coté du site. Un calendrier permet ensuite d’indiquer les dates de disponibilité et l’automobiliste n’a qu’à rentrer l’adresse dans le moteur de recherche, qui trouve pour lui les places à proximité ».

Le locataire peut ainsi bénéficier d’une place sur-mesure en rentrant ses critères (de la place pour un 4×4, fermeture à clé…) et chacun (locataire/propriétaire) peut laisser son avis sur l’échange. Rien qu’à Paris, « sur 800 000 places de stationnement, 330 000 sont potentiellement sous-utilisées », selon Alexandre Poisson.

Jusqu’à 70% d’économie

On recense environ trois millions de places de stationnement en France (1,3 million réglementées et 1,7 million non réglementées). L’UFC-Que Choisir estime que plus d’un tiers (37%) sont payantes. Selon les calculs de l’association, le prix moyen d’une heure de stationnement en France est de 1,80 euro, avec des pics à plus de 5 euros à Paris. Face à cela, Parkadom assure permettre une économie allant jusqu’à 70%. Utile sachant que, ces cinq dernières années, les deux tiers des villes de France ont augmenté leurs tarifs de stationnement, selon le magazine Auto Plus. Le propriétaire, quant à lui, peut espérer jusqu’à 300 euros de revenus par mois.

Le site laisse ses utilisateurs fixer leurs prix, tout en prélevant une commission de 20% TTC à chaque transaction. Coté prix, justement, comptez en moyenne et selon la ville et le quartier, entre 5 et 20 euros la journée et entre 40 et 50 euros pour une semaine de location à Paris. La semaine est d’ailleurs la durée de location la plus courante, « même si certains louent aussi pour 2/3 jours ou au mois », précise-t-on du coté du site, où l’on rappelle que sous-louer sa place de parking est parfaitement légal, « à condition d’avoir l’accord du propriétaire ».

3 500 inscrits

Parkadom recense aujourd’hui quelque 1 500 places de parking, surtout à Paris (environ 1 000) mais aussi dans d’autres grandes villes (Lille, Lyon, Marseille…), pour une dizaine de transactions par jour et 3 500 clients inscrits, plus ou moins réguliers. Environ la moitié a recours au service pour un déplacement professionnel, le reste pour un besoin privé (visite d’amis, etc.). « Ça prend un peu de temps, mais ça marche bien, avec une croissance de 30% par mois en moyenne », confie Alexandre Poisson.

A terme, l’objectif est de doubler le volume d’affaires à Paris et d’installer le concept « dans toutes les agglomérations françaises qui ont des problèmes de stationnement ». Ensuite, « pourquoi pas se développer dans d’autres pays francophones, comme la Belgique ». Les besoins ne devraient pas manquer : par volonté de faire sortir la voiture des centres-villes, entre 2005 et 2010, 40 % des villes françaises ont « supprimé significativement » des places en voirie*. A Paris, ce sont 15% des places disponibles qui ont disparu entre 2001 et 2011.

 

*Source : CERTU, février 2013 (Stationnement : vers une véritable intégration dans les politiques urbaines ?)

© Tomas Skopal – Fotolia.com

A lire aussi

Ce qu’il faut savoir sur le Bitcoin

Irene

« Consommer différemment, mais toujours plus »

Irene

Logement des seniors : les alternatives existent

Irene

Le doudou, compagnon indispensable

Irene

Stéphanie, habite avec son ex : « Nous n’avons pas eu le choix »

Irene

Les actionnaires veulent faire de Libération « un réseau social, créateur de contenus »

Irene