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La viande s’invite moins dans nos assiettes

La viande et les Français, c’est une vraie histoire d’amour, avec près de 100kg avalés par an et par personne. Depuis une vingtaine d’années, la consommation ne cesse pourtant de diminuer, lentement mais sûrement, alors qu’une majorité d’entre nous n’est pas prête à rogner sur son budget alimentation.

L’année 2013 n’a pas échappé à la tendance. La consommation de viande a baissé de 1.4% dans le pays l’an dernier selon l’Insee, allant de pair avec la diminution observée depuis les années 1990 (voir infographie). Alors que, dans le même temps, la dépense alimentaire globale des ménages est restée stable (+0.8%).

Pour Nathalie Damery, directrice de l’Observatoire de la consommation (Obsoco), plusieurs facteurs sont en cause : « Le regard sur la viande a changé, avec une société qui, désormais, cache la viande. Mais il y a aussi la tertiarisation de la société, qui a rompu le lien entre le consommateur et la campagne. »

Un sondage* paru mi-juin laissait entendre que le premier critère d’achat en rayons dans la grande distribution était lié à la qualité du produit -son aspect et sa couleur- (90% de citations), devant la mention de l’origine française de la viande (79%). L’ombre des scandales alimentaires plane. « L’impact des crises alimentaires est catastrophique, analyse-t-on du coté de l’Obsoco. Il s’y ajoute une crise de confiance, quand on met du cheval à la place du bœuf. On note en revanche que les viandes blanches s’en sont mieux sorties, car elles sont moins chères et font moins peur. »

Si le porc et le bœuf restent plébiscités par les amateurs (41% achats en boucherie, grâce notamment au succès du steak haché, un quart de la consommation totale de viande bovine), la volaille est la seule viande dont les ventes ont augmenté depuis 2000 (+1.2%, contre -10.5% pour le porc et -6.6% pour le bœuf, selon France AgriMer).

Des prix en légère hausse

Dans le sondage précité, la recherche du prix le plus bas (54%) n’arrive qu’en troisième position des critères d’achats les plus cités. Pourtant, selon Nathalie Damery, « la viande est très chère, sachant l’alimentaire fait l’objet d’arbitrages par rapport à d’autres dépenses. Les gens qui ont trois enfants ne vont pas faire de la viande tous les jours car elle est chère. Quand les enfants partent, ils en refont, car ils ont des quantités moins grandes à acheter (…) Ça coûte toujours moins cher que d’aller au restaurant. »

A en croire le syndicat interprofessionnel Interbev, le prix moyen d’un kilo de viande en France est de 10,58 euros. Les chiffres de France AgriMer, montrent quant à eux qu’en 2013, les prix ont augmenté de 3.3% pour les viandes fraîches de boucherie, de 2.1% pour la charcuterie et de 4.4% pour la viande surgelée.

La tendance semble se poursuivre en 2014 (voir infographie). Pas de quoi inquiéter les professionnels. « On ne ressent pas de crise dans les boucheries, explique Dominique Unger, secrétaire général de la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie et traiteurs. La preuve, on ne fait pas de publicité pour la cote de bœuf car on en manque. Pourtant, ce n’est pas la pièce la moins chère. »

Les observateurs non plus ne sont pas alarmistes. Avec 97.7% de Français qui achetaient de la viande au moins une fois par an en 2012, économies ou non, les amateurs ne sont pas prêts de manquer. Et la France ne compte encore que 3% de végétariens.

 

*Sondage Ifop pour le Syndicat national des industries de la viande, réalisé en ligne du 17 au 22 avril 2014 sur un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

©Wikimedia Commons/Jimmyweee

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