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Célibataires, plus chère la vie ?

On estime à plus de quinze millions le nombre de célibataires en France. Nous sommes aussi près de dix millions à vivre seuls, le double d’il y a vingt ans, selon l’Insee. Autant de personnes à qui la vie coûterait deux fois plus cher qu’à une personne vivant en couple.

D’après une enquête récente de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), les Français estiment à 1 490 euros le revenu minimum permettant de vivre seul. Victor, 28 ans, travaille dans la finance et gagne bien plus -2 500 euros net mensuels- et ne se plaint pas. Mais après quatre années passées en couple, lui qui vit seul depuis trois ans a senti la différence, n’ayant personne avec qui partager son cœur… et ses charges. « La différence est évidente, assure le jeune homme. Un célibataire dépense davantage sur les postes qui touchent à l’apparence, comme les vêtements ou le sport. En couple, les priorités sont différentes et les dépenses sont plus liées au confort ».

==>Lire : Dix façons de compléter ses revenus

Selon l’Union nationale des groupes d’action des personnes qui vivent seules (Unagraps) reprenant l’Insee et l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), à revenus comparables, le niveau de vie d’une personne seule est inférieur d’environ 30% à celui d’un couple sans enfants, en raison des charges incompressibles (loyer, charges, assurances, etc.). Avec 770 euros de loyer à assumer seul, sans compter les charges, ce n’est pas Victor qui dira le contraire. Pour lui, ce sont les sorties qui font la différence. « Pour la nourriture, certains dépensent plus ou moins que d’autres. Tout dépend des habitudes de vie. Maintenant, la donnée en plus, dans tous les cas, c’est qu’un couple sort moins souvent. Et il est plus rare de faire une soirée cocooning seul ». Sans se priver, il dit d’ailleurs ne faire attention qu’à une chose, « à la dépense qui intervient après minuit, d’autant que pour un célibataire, les nuits sont plus longues ».

« Ma part dans nos charges communes est supérieure à celle que j’avais en étant seul »

Vivre en couple serait donc plus avantageux. L’Insee estime même à 19.1% le nombre de personnes seules sous le seuil de pauvreté, pour 11.7% de couples*. Installés depuis un an et demi dans le sud de la France, avec 2 400 euros de revenus pour lui et 1 050 pour elle, Julien et Stéphanie sont pourtant moins catégoriques. « Depuis que je suis en couple, je fais plus attention aux courses alimentaires et j’analyse les prix au kilo, explique Julien. Je mets aussi moins d’argent de coté car ma part dans nos charges communes est supérieure à celle que j’avais seul ». Même Stéphanie ne s’y retrouve pas, ayant perdu « [ses] quelque 200 euros d’aide au logement en prenant une location en commun », explique-t-elle.

Chacun dans le couple met la moitié de son salaire sur un compte commun qui paie le loyer, les charges, les courses et les sorties. Soit près de 1 800 euros par mois. Les fameuses dépenses de confort sont aussi de la partie. « En couple, on doit investir dans un lave-vaisselle, prendre une maison avec jardin ou un appartement plus grand », explique Julien. Victor, quant à lui, espère bien « se poser » et trouver l’âme-soeur. En attendant, son pouvoir d’achat lui permet de vivre seul sans trop faire attention. Pour encore quelques temps.

 

==> Aller plus loin : nos idées de vacances pour célibataires

*calculé à partir du seuil à 60% (977 euros pour une personne seule, 1 466 euros pour un couple sans enfant)

© Sergey Furtaev – Fotolia.com

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