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Des aidants peu aidés

Vieillissement, handicap et contexte économique délicat ne font pas bon ménage. Ils poussent de plus en plus de Français à devenir aidants d’un proche handicapé ou malade. Une situation qui n’est pas sans conséquences pour la dizaine de millions de personnes concernées.

Dans huit cas sur dix, il s’agit d’un membre de la famille. Pour le reste, ce sont des amis ou des voisins qui endossent le rôle d’aidant. Comprenez « une personne qui va régulièrement accompagner, un proche, un voisin ou ami, pour pallier à une perte d’autonomie liée soit au vieillissement, soit au handicap », explique Pascal Jannot, président de l’association la Maison des aidants. Des courses à la toilette, 23% des Français seraient en situation d’aidant (28% chez les plus de 50 ans), selon un sondage BVA Opinion/Cetelem. Une responsabilité qui n’est pas sans conséquences pour eux : « 47% ont un travail, affirme Florence Leduc, présidente de l’Association française des aidants (Afa). D’autres font aussi le choix de diminuer leur temps de travail. Pour eux, le coût est aussi bien humain qu’économique ».

La prise en charge d’un proche a des répercussions financières pour 41% des aidants (52% pour les revenus inférieurs à 1 500 euros par mois), à en croire les chiffres du sondage BVA/Cetelem. Lequel révèle également que 24% des aidants disent faire des sacrifices financiers, 18% puisant dans leur épargne et 7% faisant des heures supplémentaires. Le renoncement au recours à un professionnel (même si il n’est pas chiffré) en raison du coût des soins, de la faible prise en charge de certains actes ou du coût d’une place en maison de retraite médicalisée, est certainement l’une des raisons qui pousse certains aidants à se retrousser encore plus les manches.

Pas de statut reconnu

Selon la Maison des aidants, dans le cadre de la maladie d’Alzheimer, le reste à charge de l’aidant est d’environ 1 000 euros par mois. L’association chiffre à « environ 80 milliards d’euros par an » la valeur financière du temps passé par les aidants familiaux pour des actes qui devraient être assumés par des professionnels. Dans certains cas, lorsque la personne aidée bénéficie de l’allocation personnalisée d’autonomie ou de la prestation de compensation du handicap, elle peut salarier ou indemniser l’aidant. Pour le reste, aucun statut ne vient reconnaître le travail de ce dernier. « On ne revendique pas qu’il perçoive de l’argent, car cela peut compliquer le lien familial si l’enfant devient le salarié de son parent », avertit Florence Leduc.

L’association plaide, au contraire, pour l’intervention d’un professionnel dès que le besoin s’en fait sentir. De sorte à ne pas plus alourdir la charge d’aidants qui, peu préparés à une telle situation, souffrent eux aussi physiquement et psychologiquement. « J’ai souvent croisé des aidants en burn-out ou épuisés », rapporte ainsi Pascal Jannot. En moyenne, 30 à 40% des aidants décéderaient avant la personne qu’ils accompagnent. Une proportion qui doublerait chez les aidants d’un malade d’Alzheimer. Et plus la situation dure, plus elle se complique pour tout le monde. Face à cela, les associations essaient d’apporter leurs connaissances en la matière, histoire de les préparer au mieux à se transformer en véritables « chefs d’entreprise », selon M.Jannot. En 2030, selon diverses prévisions, la France devrait compter 20 millions de plus de 60 ans.

 

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