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Le bricolage se conjugue au féminin

Plus que jardiner, les Français adorent bricoler. Nous serions ainsi neuf sur dix à pratiquer le bricolage au moins à l’occasion, dont un nombre de plus en plus important de femmes. C’est tout un marché qui s’est adapté à cette tendance.

Dans les quelque 3 000 magasins de bricolage que compte la France, un client sur deux serait une cliente. Un chiffre qui n’étonne pas les professionnels. « Les femmes d’aujourd’hui sont très indépendantes et volontaires, analyse Jan Demharter, responsable marketing de l’outillage grand public chez Bosch. Et désormais, tout le monde peut avoir accès à des informations concernant des projets pour la maison ».

Comme certains de ses concurrents, la marque a crée il a plus de deux ans son propre site, où une communauté s’est formée, composée presque à moitié de femmes. Et comme la plupart de ses concurrents, Bosch a adapté ses outils à cette clientèle de plus en plus présente sur le marché. « Du matériel plus simple d’utilisation, parfois multifonctions, qui couvre 90% des besoins d’un foyer citadin tout en prenant peu de place », explique-t-on du coté de la marque allemande. Quid de la perceuse rose ? « Le marché n’est pas assez important pour ce type de segmentation », rejette-t-on chez Black & Decker.

Les industriels misent sur la légèreté des outils et leur simplicité d’utilisation. Certains confient même donner des noms -type Ixo chez Bosch- à leurs produits, histoire de les « humaniser » et les rendre davantage « tous publics ». Rien n’est un détail sur un marché certes en bonne santé -24,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2013-, mais qui dépend autant de la conjoncture économique que du mauvais temps. Lequel aurait largement contribué à faire fléchir les ventes de 1 à 2% l’an dernier, selon les estimations des professionnels du secteur.

>> Lire : La crise fait bricoler les Français

Du bricolage aussi… pour la fête des mères

L’arrivée des femmes sur le marché du bricolage n’est pas réellement une nouveauté. Elle a en revanche dépassé le simple effet de mode. « Ce sont des clientes à part entière, qui ont découvert le bricolage à l’envers du circuit classique, en y entrant par l’angle déco -enduit, peinture…- qui les a ensuite amenées au bricolage », explique Marie Davideau, fondatrice des cours de bricolage Lilibricole, qui connaissent un vrai succès depuis 2009.

Les femmes sont en effet de plus en plus nombreuses à vivre seules (elles seraient cinq millions, leur nombre ayant doublé entre 1962 et 2007, selon l’Institut national d’études démographiques). Elles n’ont donc pas toujours le choix que de se pencher sur la question du bricolage. « Elles vont avoir envie de connaître, d’apprendre et de savoir avant de faire, ce qui n’est pas forcément le cas du modèle empirique des hommes. Elles ont tendance à moins foncer tête baissée et à davantage prendre leur temps », ajoute la fondatrice de Lilibricole.

Chaque année, les ménages dépensent en moyenne entre 800 et 1 000 euros dans le bricolage. Du coté de Bosch, où 35 à 40% des acheteurs seraient des femmes, un nouveau pic de ventes est apparu ces dernières années. Outre Noël, l’été et la fête des pères « en perte de vitesse, car les gens bricolent de plus en plus et étalent leurs achats sur toute l’année », la fête des mères est elle aussi devenue un temps fort des ventes d’outillage, avec pour la marque « un pic notamment sur le segment du collage ». Et ce n’est certainement pas la tendance au « Do it yourself » qui va freiner l’engouement des femmes pour le bricolage.

 

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