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Toussaint : quand Internet efface la distance

On entend souvent dire que les traditions se perdent. Ce n’est pas Thierry Chevallier, responsable du site agitateur-floral.com, qui dira le contraire. « Les gens se désintéressent de la Toussaint car ils l’assimilent à un business, à une obligation d’achat ». Pour preuve, selon lui, la Toussaint ne marque pas un pic d’activité pour la livraison de fleurs sur Internet. Quand il a lancé son site en 2007, il ne proposait qu’un service de livraison « classique ». Le deuil n’est venu qu’après. « On pensait que ce serait mal perçu et on ne voyait pas pourquoi les gens viendraient sur Internet pour ça, explique t-il. Mais nous avons bien fait : les gens fidèles pour d’autres occasions appellent désormais aussi pour du deuil ». La livraison de fleurs sur Internet pour le deuil marche « très bien », selon ses acteurs. Chez l’Agitateur Floral, cela représente 20% de l’activité, soit environ 2 000 clients qui ont découvert la plate forme souvent grâce au bouche à oreille. Sur ce créneau, Yann Lepage, fondateur du site en-sa-memoire.fr, peut compter sur une clientèle régulière d’un millier de familles, composée en majorité de seniors « qui ne sont plus en mesure de venir fleurir eux-mêmes », le reste étant des actifs de 40 à 65 ans. Et beaucoup d’expatriés dans l’impossibilité de se déplacer. Le succès de la formule révèlerait-il une tendance à l’oubli ? « Au contraire, ce n’est pas un signe de désamour, explique t-il. C’est quelque chose qui préoccupe les gens au quotidien. A titre de comparaison, employer une femme de ménage ne veut pas dire que l’on se désintéresse du ménage chez soi. A l’inverse, ceux qui sont loin et pour qui ce n’est pas important se disent qu’ils ont le défunt dans la tête et qu’ils n’ont pas besoin de faire un geste ».

Pas de folies pour la Toussaint

L’offre est la même en livraison qu’en boutique, les sites s’appuyant généralement sur un réseau d’artisans. Le portail En sa mémoire propose ainsi trente compositions, quinze d’été et quinze d’hiver. Là-dessus, « il n’y a pas vraiment de tendance, explique Yann Lepage, les gens aiment soit des choses très sobres, soit des choses plus fleuries. Pour la Toussaint, certains adorent le chrysanthème, d’autres trouvent ça morbide ». Tout au long de l’année, le site offre le choix entre différentes formules, correspondant chacune à une fréquence de fleurissement : la première à 27 euros par mois (quatre interventions par an), la plus chère à 124 euros (vingt-quatre interventions par an). Un passage pour la seule Toussaint, chaque année, revient à 135 euros. A la Toussaint justement, « les gens ne sont pas plus dépensiers que d’habitude, assure Thierry Chevallier. C’est avant tout du petit budget, qui choisi le plus fréquemment les premières compositions, qui démarrent à trente euros ». La livraison de fleurs sur la tombe pour la Toussaint ne serait donc qu’une pensée en plus d’autres. « Nos clients considèrent que la mémoire, c’est toute l’année, confirme Yann Lepage. Nous avons beaucoup de demandes exceptionnelles pour les dates de décès, mais pas spécialement pour la Toussaint ».

 

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