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Les garages au grand coeur

Lancée il y a neuf ans, l’association Autos du cœur, basée à Amboise (Indre-et-Loire), récupère chaque année un millier de véhicules anciens dans toute la France. Des voitures délaissées qui, remises en état, permettent aux personnes en difficulté de retrouver le chemin de l’autonomie.

« En province, sans voiture, vous pouvez perdre votre emploi voire vos enfants », insiste d’emblée Jacques Baugé. C’est à l’initiative de ce concessionnaire automobile à la retraite que sont nées les Automobiles du cœur en 2005. Elles ont rendu depuis à environ 7 000 personnes l’autonomie et la mobilité dont les aléas de la vie -ou leurs finances- les avaient privés. Selon lui, « on gaspille beaucoup de voitures inutilement alors que dans le même temps, nombre de mères de famille roulent et font monter leurs enfants dans des véhicules qui ne passent pas au contrôle technique ». On pourrait ainsi éviter la casse, chaque année en France, à près de deux millions d’automobiles, « l’équivalent de huit files de voitures à touche-touche entre Lille et Marseille », insiste Jacques Baugé.

Reconnue d’intérêt général, l’association se fait fort de redonner une seconde vie à ces voitures en fin de cycle pour qu’elles servent aux plus démunis. L’an dernier, elle a traité -remis en état puis donné- quelque 1 200 véhicules de tous types et de toutes marques. « Les voitures nous sont données par des particuliers ou des entreprises pour venir en aide à des personnes qui, sans véhicule, se retrouvent en grande difficulté, rapporte le président de l’association. Le besoin est considérable : essayez d’aller dans une agence d’intérim en disant que vous avez un problème de mobilité ». L’association a dépensé l’an dernier environ un million d’euros pour son activité et devrait en dépenser « 1,4 million » l’an prochain, selon Jacques Baugé, dont la moitié en réparations.

« C’est de l’humanitaire »

Les véhicules, récupérés dans toute la France, sont sélectionnés le plus souvent sur photos. Certains partent directement à la casse, les autres sont remis en état localement par des garages partenaires, à moindres frais. Les Autos du cœur engagent, pour chaque voiture, « environ 1 250 euros de réparations » sur ces petites travaux d’entretien -courroie de distribution, etc.- qui, mis bout à bout, constituent un poids financier trop lourd à supporter pour les ménages les plus modestes. Une somme avancée par l’association, qui lui est ensuite remboursée par les organismes sociaux, et qui prend en compte le budget du futur bénéficiaire. « A nous de faire avec », précise-t-on du coté de l’association, dont la grande majorité des bénéficiaires est choisie par les services sociaux. « Si vous m’expliquez que vous avez de gros soucis insurmontables, on ne va pas vous dire non, tempère Jacques Baugé, mais nous fonctionnons essentiellement via les services sociaux. C’est de l’humanitaire, le bon plan ne nous intéresse pas. »

Histoire de s’assurer que la seconde vie de ces voitures ne profite qu’à ceux qui en ont réellement besoin, et non aux chercheurs de bonnes affaires. L’association dispose aujourd’hui d’un stock de 300 véhicules. Rien de trop, sachant que les demandes se font de plus en plus nombreuses. Les sept salariés et soixante-dix bénévoles de l’association -répartis en 22 antennes dans le pays- et les bras en plus ne seront pas non plus de trop pour les gérer.

Plus d’informations :

Autos du cœur

lesautosducoeur.fr

lesautosducoeur@yahoo.fr

02.47.23.93.96

Illustration © Patryssia – Fotolia.com

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