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A l’achat, l’économie prime sur l’écologie

L’augmentation du budget automobile l’an dernier, associée à celle du carburant, relègue l’écologie au second plan des préoccupations des acheteurs de véhicules neufs. Ni le bonus-malus écologique ni le développement des motorisations « alternatives » n’arrivent à surplomber la contrainte budgétaire.

Pour séduire définitivement le consommateur, véhicules électriques et hybrides ont encore un peu de route à faire. C’est ce qui ressort du rapport 2014 de l’Observatoire de l’automobile Cetelem, rendu public ce jeudi : 87% des Européens placent la consommation de carburant en premier critère d’achat de leur voiture neuve, contre 52% pour le choix d’une voiture peu polluante. « On retrouve ce schéma pour tous les achats, explique Flavien Neuvy, responsable de l’Observatoire. Quand il s’agit d’arbitrer dans les dépenses, le consommateur préférera protéger son porte-monnaie que l’environnement. Le rapport qualité/prix est toujours le premier critère ».

Une tendance qui se retrouve selon lui « quelle que soit la conjoncture économique, crise ou pas ». Seule l’instauration du bonus-malus écologique en 2008 a quelque peu changé la donne. Sa dernière modification à la baisse a quant à elle « profondément modifié la structure des ventes » de véhicules neufs en France, selon Flavien Neuvy.

Sur les onze premiers mois de l’année, en effet, les véhicules supportant un malus ne représentaient plus que 16.9% des ventes, contre 32.5% sur la même période en 2011*. « Le fait d’avoir sur un véhicule un malus de plusieurs milliers d’euros est déterminant au moment d’acheter, assure le responsable de l’étude. Cela montre bien l’impact très fort de la dimension économique dans l’achat du véhicule, même avec des consommateurs qui ne connaissent pas de problèmes financiers et sur de gros modèles de véhicules ». Le bonus qui a d’ailleurs, selon le responsable de l’Observatoire Cetelem, permis de réduire l’écart de prix entre motorisation thermiques et alternatives (de 20 à 25% plus chères en principe).

Un marché du véhicule « propre » encore hybride

Un petit événement s’est d’ailleurs produit au premier semestre 2013 en France : pour la première fois, selon le Comité des constructeurs Français d’automobile, une motorisation « alternative » -en l’occurrence l’hybride- a dépassé 1% de parts de marché (2,48%). L’électrique, quant à lui, ne représentant que 0.6% des ventes de véhicules en France.

Le résultat de l’étude ne signifie pas pour autant, d’après Flavien Neuvy, que l’avenir de ces filières est menacé. « La prise de conscience environnementale progresse. Il y a une vraie volonté de consommer plus responsable, avec plus de respect pour l’écologie. (…) Mais lorsqu’il s’agit de dépenser 30 000 euros, on ne va pas acheter un véhicule hybride ou électrique par acte militant ». L’Observatoire dégage quelques lueurs d’espoir : pour le choix de leur prochain véhicule, 73% des Européens veilleront à ce qu’il soit « peu polluant ».

Pour leur future voiture, la proportion de Français à vouloir tenir compte de l’argument écologique augmente même de 23%*. Est-ce un signe ? « Tout dépendra de l’évolution du prix du pétrole, tempère Flavien Neuvy. C’est elle qui entraînera la baisse des coûts de production et donc du prix de vente [des voitures à motorisation alternatives] ». Sur les trente derniers jours, le prix au litre des carburants à augmenté pour toutes les motorisations, sans plomb 95 (2.3%), sans plomb 98 (1.8%) et gazole* (1.9%). L’inversion du rapport de force entre économie et écologie n’est peut-être pas pour tout de suite.

*Données CCFA, Carbeo.com, enquête BIPE- Observatoire Cetelem 2014

Illustration Wikimedia Commons

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