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Où va l’argent des radars ?

La mise en service de 150 nouveaux radars en 2013 a nettement augmenté les recettes liées aux infractions routières. Sur un total de 1 666 millions d’euros récoltés par l’État pour 26 millions de procès-verbaux, les radars automatiques ont rapporté 613 millions d’euros, soit la première source de revenus issue des infractions routières cette année-là.

Concrètement, si tu te demandes pourquoi les radars semblent “rapporter” autant, la réponse tient à trois facteurs : leur nombre, leur emplacement et le volume d’infractions constatées. Avec 4 250 radars automatiques sur les routes françaises, chaque appareil a généré en moyenne environ 145 000 euros sur l’année. Mais cette moyenne cache une réalité importante : un radar flash beaucoup au début, puis moins quand les conducteurs adaptent leur vitesse.

L’essentiel a retenir : les radars automatiques ont été la principale source de recettes liées aux infractions routières en 2013.

  • 613 millions d’euros collectés par les radars automatiques.
  • 1 666 millions d’euros au total pour les infractions routières.
  • 4 250 radars en service, soit environ 145 000 euros par radar.
  • Les flashs ont baissé en 2013 par rapport à 2012.
  • Les petits excès de vitesse représentent l’immense majorité des flashs.
  • Une partie des recettes finance la sécurité routière et la voirie.

Les radars automatiques : pourquoi ils rapportent autant

Les radars automatiques ont fêté leurs dix ans de fonctionnement l’année précédente, et leur rendement reste élevé parce qu’ils ciblent des comportements très fréquents : les petits dépassements de vitesse. Dans la pratique, ce ne sont pas les très grands excès de vitesse qui génèrent le plus de sanctions, mais les écarts de 0 à 20 km/h, qui représentent plus de 90 % des flashs selon l’association 40 millions d’automobilistes.

Ce que cela change pour toi, c’est simple : même un léger dépassement peut suffire à déclencher une amende. Le montant varie selon la situation, avec une amende minorée à 45 euros pour un excès de 0 à 20 km/h hors agglomération, et un tarif forfaitaire de 135 euros dans certains cas. Si tu roules souvent sur des axes que tu connais bien, c’est justement là que le risque augmente, parce qu’on baisse plus facilement la vigilance.

Pourquoi le rendement baisse parfois d’une année sur l’autre

On constate souvent que les radars flashent beaucoup la première année, puis moins ensuite. La raison est assez logique : quand les conducteurs savent qu’un radar est installé, ils adaptent leur vitesse. En 2013, moins de radars ont été posés qu’en 2012, ce qui explique en partie la baisse des recettes par rapport à l’année précédente, estimées alors entre 650 et 700 millions d’euros.

Dans les faits, cela montre que le radar agit aussi comme un outil de dissuasion. Si tu rencontres ce type de dispositif sur un trajet régulier, le bon réflexe n’est pas de “freiner au dernier moment”, mais de stabiliser ta vitesse bien avant la zone contrôlée. C’est plus sûr, et surtout plus efficace pour éviter l’infraction.

À quoi servent les recettes des radars et des amendes

Une partie des sommes collectées ne reste pas dans un pot unique. Les contestations et les recettes liées aux infractions de stationnement représentent environ 160 millions d’euros, intégrés à un ensemble plus large. Une part importante est ensuite reversée aux collectivités : environ 100 millions d’euros pour les communes et 60 millions d’euros pour les établissements publics de coopération intercommunale, les EPCI.

Concrètement, cet argent sert à financer la sécurité routière et l’aménagement de la voirie. Cela peut inclure des équipements de signalisation, des aménagements de carrefour, des passages piétons, des ralentisseurs ou encore des actions de prévention. Dans la majorité des cas, l’objectif affiché est donc de réinvestir les recettes dans l’amélioration des infrastructures routières.

Mais ce point alimente aussi les critiques. Certaines associations d’automobilistes estiment que le système devient trop dépendant de sa rentabilité. Si tu te poses la question du “pourquoi autant de radars ?”, c’est précisément là que se situe le débat : sécurité routière d’un côté, logique budgétaire de l’autre.

Le débat autour des radars : sécurité ou rentabilité ?

Sur le terrain, les professionnels de la sécurité routière constatent que les radars sont efficaces pour faire baisser la vitesse ponctuelle. En revanche, leur impact global sur les accidents fait débat. Pierre Chasseray, secrétaire général de 40 millions d’automobilistes, souligne que l’on peut avoir beaucoup de flashs sans avoir autant d’accidents, car un flash mesure une infraction, pas un sinistre.

Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’un radar ne mesure pas directement le danger : il mesure un dépassement de vitesse à un instant donné. Cela explique pourquoi les chiffres de flashs et les chiffres d’accidentalité ne racontent pas exactement la même histoire. En pratique, un conducteur peut être sanctionné pour un écart limité sans qu’il y ait eu de conséquence immédiate, mais la logique de prévention reste de réduire les comportements à risque avant qu’ils ne deviennent accidentogènes.

Les associations critiquent aussi le seuil de tolérance. Selon elles, la majorité des flashs concerne des excès faibles, ce qui donne l’impression d’un système davantage tourné vers la sanction que vers la prévention. Si tu veux éviter ce piège, le plus utile n’est pas de chercher la marge exacte avant flash, mais d’adopter une conduite avec une vraie réserve de vitesse par rapport à la limite affichée.

Ce qu’il faut retenir si tu veux éviter une amende radar

Si tu es dans cette situation, le bon réflexe est de considérer le radar comme un repère de conformité, pas comme un obstacle à contourner. En pratique, les erreurs les plus fréquentes sont toujours les mêmes : accélérer après une limitation temporaire, oublier une zone urbaine, ou se fier au compteur du véhicule sans marge de sécurité.

Voici ce qu’il faut faire concrètement :

  • garder une marge sous la vitesse limite affichée ;
  • ralentir avant d’entrer dans une zone contrôlée ;
  • rester attentif aux limitations temporaires de chantier ;
  • éviter de te fier uniquement au régulateur sans surveillance ;
  • tenir compte des écarts possibles entre compteur et vitesse réelle.

Dans la pratique, cette approche te protège mieux qu’une conduite “au plus juste”. Elle réduit le risque de flash, mais surtout elle diminue le stress au volant. Et si tu circules souvent sur les grands axes, cette marge devient un vrai confort au quotidien.

* Agence nationale de traitement automatisé des infractions **Fichier national du permis de conduire / Source mission interministérielle pour le projet de loi de finances 2013 – 40 millions d’automobilistes

Illustration Wikimedia Commons/C.Killer

FAQ

Pourquoi les radars automatiques rapportent-ils autant d’argent ?

Les radars automatiques rapportent autant d’argent parce qu’ils contrôlent en continu de nombreux conducteurs sur des axes très fréquentés. Ils sanctionnent surtout les petits excès de vitesse, qui sont les plus fréquents dans la circulation réelle. En pratique, leur rendement dépend aussi du nombre de radars installés et de leur emplacement.

Combien ont rapporté les radars automatiques en 2013 ?

Les radars automatiques ont rapporté 613 millions d’euros en 2013. Cela en faisait la première recette issue des infractions routières cette année-là. Ce montant représentait 36,7 % du total collecté par l’État au titre des infractions routières.

Pourquoi les recettes des radars ont-elles baissé en 2013 par rapport à 2012 ?

Les recettes des radars ont baissé en 2013 surtout parce que moins de radars ont été posés qu’en 2012. Les conducteurs s’adaptent aussi plus vite lorsqu’ils repèrent les zones contrôlées. Dans les faits, un radar flash souvent davantage au début de son installation.

À quoi servent les sommes collectées par les radars et les amendes ?

Les sommes collectées servent en partie à financer la sécurité routière et l’aménagement de la voirie. Une part est reversée aux communes et aux EPCI pour des actions liées à la circulation et aux infrastructures. L’objectif affiché est donc de réinvestir ces recettes dans l’espace routier.

Les petits excès de vitesse sont-ils vraiment les plus sanctionnés ?

Oui, les petits excès de vitesse représentent l’immense majorité des flashs. Selon l’association citée dans le texte, les excès de 0 à 20 km/h constituent plus de 90 % des flashs. Les grands excès de vitesse ne représentent qu’une faible part des infractions constatées.

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