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Le surgelé fait du surplace

Les produits surgelés ont connu un vrai ralentissement en France après vingt ans de hausse continue. Mais si tu te demandes si le surgelé est en train de disparaître des habitudes d’achat, la réponse est non : le marché se stabilise surtout parce qu’il a atteint une forme de maturité, avec des usages plus sélectifs et des attentes plus exigeantes.

L’essentiel a retenir : le marché du surgelé ne s’effondre pas, il se transforme.

  • Les ventes ont baissé pour la première fois en 2014, puis se sont stabilisées en 2015.
  • Les produits bruts et semi-finis tirent mieux leur épingle du jeu que les plats cuisinés.
  • Le scandale de la viande de cheval a pesé sur l’image du rayon, sans tout expliquer.
  • Le principal frein reste une image trop industrielle du surgelé.
  • Le levier de croissance le plus crédible est le gain de temps et la lutte ضد le gaspillage.
  • En pratique, les consommateurs achètent moins “par habitude” et davantage “par utilité”.

Le plat cuisiné à la baisse

Tout n’est pourtant pas noir. En 2014, les ménages ont encore dépensé 189 euros en produits surgelés. Et même si les prix ont légèrement reculé en 2015, le rayon reste bien présent dans les courses du quotidien. Ce que l’on constate souvent, c’est que les consommateurs ne rejettent pas le surgelé en bloc : ils arbitrent davantage selon le type de produit, le prix, la praticité et la confiance accordée à la marque ou à l’enseigne.

Concrètement, ce sont surtout les produits bruts ou semi-finis qui résistent le mieux : légumes, oignons émincés, fruits, herbes, pâtes à tarte ou ingrédients déjà préparés. Dans la pratique, ce sont eux qui répondent le mieux à un besoin très simple : cuisiner vite sans perdre trop de qualité ni multiplier les déchets. À l’inverse, les plats cuisinés surgelés souffrent davantage, parce qu’ils sont encore perçus comme moins valorisants, moins “maison” et parfois trop industriels.

Ce que cela change pour toi, si tu hésites encore au moment d’acheter, c’est qu’il faut distinguer le surgelé “ingrédient” du surgelé “repas prêt à consommer”. Le premier est souvent une solution intelligente pour gagner du temps, maîtriser les portions et réduire le gaspillage alimentaire. Le second doit être choisi avec plus de vigilance, notamment sur la composition, le taux de sel, la qualité des protéines et la liste d’ingrédients.

Pourquoi le rayon surgelé a perdu en dynamique

Selon Jean-François Aubry, rédacteur en chef du Monde du Surgelé, une partie du problème est antérieure aux scandales alimentaires. Dans les faits, les enseignes généralistes ont parfois moins valorisé leurs rayons surgelés que d’autres espaces jugés plus attractifs, comme le traiteur frais. Résultat : le surgelé a longtemps souffert d’une image plus pratique que désirable.

À cela s’est ajoutée la crise de confiance liée à l’affaire de la viande de cheval. Même si le problème relevait davantage d’un scandale commercial que d’un défaut sanitaire du produit surgelé lui-même, l’impact a été net sur les ventes. C’est un point important : en grande distribution, l’image pèse parfois autant que la réalité du produit. Si tu rencontres ce type de doute, le bon réflexe est de regarder l’origine, la liste d’ingrédients, les labels éventuels et la transparence de la marque.

Le vrai enjeu : l’image industrielle

Une forte connotation industrielle dessert encore le surgelé. Selon un sondage OpinionWay pour l’Association nationale des industries alimentaires, seuls 55 % des Français ont une image positive de l’industrie alimentaire. En pratique, cela signifie que le rayon doit convaincre sur deux fronts : la qualité perçue et la confiance.

Or, dans la majorité des cas, le consommateur ne cherche pas seulement un produit pratique. Il veut aussi être rassuré sur ce qu’il mange. C’est pour cela que les produits simples, lisibles et peu transformés s’en sortent mieux. Plus la promesse est claire, plus l’achat est facile à déclencher.

Le gaspillage alimentaire peut relancer le surgelé

Le surgelé a aussi un atout souvent sous-estimé : il aide à mieux gérer les quantités. Quand on sait qu’un foyer peut jeter plusieurs centaines d’euros de nourriture par an, l’intérêt économique devient très concret. En Grande-Bretagne, le surgelé est davantage associé au rapport qualité/prix et aux solutions anti-gaspi. En France, ce positionnement reste encore sous-exploité.

Dans la pratique, cela ouvre une vraie opportunité : acheter des légumes surgelés, des fruits, des portions de poisson ou de viande, puis ne sortir que ce dont tu as besoin. Ce que cela implique, c’est moins de pertes, moins d’achats inutiles et une cuisine plus souple au quotidien. Si tu cuisines pour une ou deux personnes, ou si tu veux éviter de jeter des produits frais oubliés au fond du réfrigérateur, le surgelé peut être une solution très pertinente.

Les erreurs fréquentes à éviter

  • Confondre tous les surgelés alors que les ingrédients bruts et les plats préparés n’ont pas la même qualité ni le même intérêt.
  • Choisir uniquement au prix sans lire la composition, le taux de sel ou la taille des portions.
  • Penser que “surgelé” veut forcément dire “industriel de mauvaise qualité”.
  • Oublier que le surgelé peut aider à réduire le gaspillage alimentaire et à mieux gérer le budget.
  • Négliger la place du rayon en magasin : une mauvaise mise en avant peut dégrader la perception du produit.

En résumé, le marché du surgelé ne disparaît pas : il se réorganise autour d’usages plus précis. Si tu veux acheter malin, regarde moins l’étiquette “surgelé” que le type de produit, sa composition et l’usage réel que tu vas en faire. C’est souvent là que se trouve la meilleure décision.

>>> L’infographie ci-dessous vous présente en chiffre le rapport entre les Français et les produits surgelés

==> Lire aussi : L’alimentation reste un poids lourd du budget des ménages

– © Idprod – Fotolia.com

FAQ

Pourquoi les ventes de produits surgelés ont-elles baissé ?

Elles ont baissé parce que le marché a subi une baisse d’attractivité et des scandales qui ont entamé la confiance. Dans les faits, les enseignes ont aussi parfois moins bien valorisé ce rayon que d’autres. Résultat : les consommateurs ont davantage sélectionné leurs achats.

Le scandale de la viande de cheval a-t-il vraiment affecté le surgelé ?

Oui, il a eu un impact réel sur les ventes et sur l’image du rayon. Même si l’affaire était surtout commerciale, elle a renforcé la méfiance envers certains produits transformés. C’est typiquement le genre d’événement qui marque durablement la perception d’un marché.

Quels produits surgelés se vendent le mieux ?

Les produits bruts et semi-finis se vendent mieux que les plats cuisinés. Les légumes, fruits, herbes ou ingrédients déjà préparés répondent à un besoin concret de rapidité. Ils sont aussi perçus comme plus utiles et plus faciles à intégrer dans une cuisine du quotidien.

Le surgelé est-il une bonne solution contre le gaspillage alimentaire ?

Oui, c’est même un de ses meilleurs arguments. Le surgelé permet de conserver plus longtemps, de portionner et de n’utiliser que ce dont tu as besoin. Dans la pratique, cela aide à jeter moins et à mieux maîtriser son budget courses.

Pourquoi le surgelé souffre-t-il d’une image industrielle ?

Parce qu’il est souvent associé à des produits transformés, moins valorisants que le frais ou le traiteur. Cette perception reste forte, même quand le produit est simple et de bonne qualité. Pour beaucoup de consommateurs, la confiance dépend donc autant de la composition que de la promesse marketing.

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