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Rencontres sur Internet : trouver l’amour coûte que coûte

Pourquoi ne pas rencontrer -cette fois- l’âme sœur parmi les quelque neuf millions de Français qui vivent seuls ? C’est en septembre que la plupart des sites de rencontres sur Internet connaissent une hausse de nombre de leurs inscrits. Prêts à payer le prix qu’il faudra pour trouver la bonne personne.

« Septembre est un bon mois pour nous, confirme Ludovic Huraux, président et co-fondateur du site de rencontres Attractive World. Il y a un effet rentrée, où les gens se disent qu’ils aimeraient bien se mettre en couple et que, cette fois, ils s’en donnent les moyens ». Depuis plusieurs années, les sites de rencontres se sont « démocratisés », et la rencontre sur Internet ne souffre plus de son image parfois ringarde. Pour trouver l’amour, de plus en plus de célibataires acceptent de payer un abonnement, compris entre 15 et 80 euros pour la majorité des sites, pour une durée de un à six mois. Surtout des plus de trente ans. « Après 25 ans, les gens ont besoin de sortir de leur cercle relationnel, explique Ludovic Huraux. Ils entrent sur le marché du travail, ont des amis en couple ou qui ont des enfants… Avant les gens se mettaient en couple très tôt et ne divorçaient pas. Désormais, il y a un moment de votre vie où, pour diverses raisons, vous allez redevenir célibataire. »

C’est ce que vit Cécile, cadre de 37 ans, inscrite sur un autre site de rencontres par affinités. Avec près de 3 500 euros de salaire mensuel, elle vient de quitter Paris pour Aix-en-Provence et a pris un abonnement d’un mois à soixante euros. Le prix à payer pour entrer en contact avec les autres inscrits, la majorité des sites n’offrant l’accès gratuit qu’à l’inscription, la modification du profil et la consultation de celui des autres. Un droit d’entrée « qui rassure les femmes » selon Attractive World, où les formules trois et six mois sont les plus prisées. « Un site gratuit attirera beaucoup de curieux, poursuit Ludovic Huraux, président du site. Avec le paiement, les utilisateurs sont plus sérieux, impliqués. Les comportements ne sont pas les mêmes. »

Cécile, elle, a franchi le pas « parce ce que jusqu’à présent, je ne me projetais pas en couple avec des enfants à Paris. Maintenant que mon cadre de vie correspond à ce que je désire, l’inscription sur un site est un moyen en plus de rencontrer quelqu’un, d’autant plus que passé 30-35 ans, les rencontres sont plus rares ».

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12 000 francs d’agence matrimoniale

Pour Christian, les rencontres se sont multipliées depuis qu’il s’est inscrit l’an dernier sur un premier site de rencontres pour deux mois. Puis sur un autre depuis juin, moyennant 119 euros par mois. A 63 ans, ce militaire à la retraite dans le sud de la France a stoppé mi-août son abonnement sur E-Darling.com, l’un des 2 000 sites français de rencontres. « J’ai fait assez de connaissances, et je pense avoir trouvé chaussure à mon pied », explique spontanément le sexagénaire, en instance de divorce depuis plus d’un an. Après Meetic l’an passé, il s’est inscrit sur E-Darling pour trouver une compagne, « car à 63 ans, on n’est pas au bout du rouleau ».

Christian vit seul, comme un tiers des Français de plus de 60 ans (14% de la population totale, contre 6% en 1962), selon les chiffres de l’Institut national des études démographiques (Ined). Il ne regrette pas un instant les quelque 500 euros dépensés sur l’année en sites de rencontres. « Toute peine mérite salaire, s’amuse t-il. Je suis passé par une agence matrimoniale, pour 12 000 francs à l’époque, ce qui me revenait bien plus cher. Là, en revanche, j’ai trouvé mon bonheur. »

Avec 2 200 euros de retraite, Christian sait qu’il a les moyens, qu’il vit « seul dans une grande maison ». Alors il ne se prive pas. Il a récemment remporté un voyage à New-York, où il souhaite partir en juin prochain « non pas avec une passagère, mais avec une compagne ». Et tant pis si, finalement, il doit partir seul. « Sans hésiter, je me réinscrirai sur un site. Ce n’est pas demain que l’on va me couper la langue ». Ce n’est pas non plus demain que le succès des sites de rencontres en ligne se tarira. En France, l’an dernier, le marché a connu une progression estimée entre 5 et 8%.

Benjamin Hay
© konradbak

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