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Tribune contre l’arrêté préfectoral autorisant l’abattage de 1430 renards en Seine-Maritime

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Cette tribune a été co-rédigée par AVES, L214, l’ASPAS et le Parti Animaliste, en amont du rassemblement organisé à Rouen le 31 juillet dernier pour dénoncer la politique de destruction des renards en Seine-Maritime.

Le 20 juillet 2020, Monsieur Pierre-André Durand, Préfet de Seine-Maritime, a donné son autorisation pour l’abattage de près de 1430 renards d’ici à la fin de l’année. Pourtant, les résultats de la consultation publique lancée du 29 mai au 19 juin donnaient une majorité d’avis défavorables à ce projet. Il s’agit d’un véritable déni de démocratie et encore une fois, nos gouvernants se montrent totalement sourds à la cause animale et à l’attente des citoyens sur cette question.

L’autorisation préfectorale viole les recommandations de la Commission Nationale du Débat Public

Le 19 décembre 2019, la Commission Nationale du Débat Public a rendu un rapport dénonçant l’opacité des consultations publiques et l’influence des chasseurs dans le tri des avis. Elle a demandé que les décisionnaires prennent en compte l’avis de l’opinion publique de manière impartiale lorsque celle-ci est majoritairement défavorable. En autorisant l’abattage de 1430 renards malgré l’opposition du public, le Préfet a violé cette recommandation.

Rappelons que la consultation publique s’est soldée par 156 avis négatifs contre seulement 89 avis positifs. Le Préfet n’en a tenu aucun compte.

Le renard est un être sensible

La Fédération départementale des Chasseurs (FDC) affirme que les renards abattus ne souffriront pas alors que nous savons tous que les animaux sont réceptifs au stress et à la douleur.

Les traques qu’ils subissent, les cris des chasseurs et les aboiements des chiens sont pour eux sources de terreur. Il est évident qu’ils ne sont pas insensibles non plus à la douleur causée par les balles des fusils.

Rappelons que les chasseurs utilisent des munitions qui dispersent des petites billes de plomb dans le corps de l’animal atteint et aussi dans l’air. Une grande souffrance pour les animaux et aussi un grand danger pour les humains.

Une espèce utile à la bonne santé de son écosystème La FDC et l’arrêté préfectoral suggèrent une surpopulation de renards dans notre département (1 ; 2), alors qu’il est scientifiquement prouvé que cette espèce ne peut pas pulluler dans un environnement naturel (sa reproduction dépend du nombre de proies disponibles). Le Luxembourg et le canton de Genève ont interdit la chasse du renard et aucune invasion n’est à déplorer !

En fait, cet animal a toute sa place dans notre écosystème. Il participe à la dissémination des graines de diverses essences d’arbres par ses déjections. Il participe aussi à l’élimination des animaux malades et des cadavres, évitant ainsi la propagation d’épidémies.

Un allié important dans la lutte contre certaines maladies La FDC et l’arrêté préfectoral brandissent d’éventuels risques sanitaires, comme par exemple l’échinococcose alvéolaire pour justifier cet abattage massif de renards. Cette maladie peut être transmise par tous les animaux qui consomment des rongeurs, y compris les chiens de compagnie.

En autorisant l’abattage sur ce motif, l’arrêté ne tient pas compte de l’avis scientifique de l’Agence nationale pour la sécurité sanitaire qui ne recommande nullement le tir des renards pour lutter contre cette maladie.

D’autres solutions, efficaces et simples existent : vermifuger les animaux domestiques et se laver les mains après avoir touché des végétaux du jardin ! À contrario, ces animaux freinent l’expansion de la maladie de Lyme en éliminant les petits rongeurs qui transportent les tiques, vectrices de cette maladie !

Les renards n’attaquent que les poulaillers mal clôturés

La FDC et Monsieur Pierre-Henry Durand avancent les attaques de renards dont peuvent être victimes les élevages amateurs de poules. Rappelons-lui que les poulaillers bien clôturés ne sont jamais attaqués ! Là encore, il n’est pas acceptable de recourir à ce massacre quand des mesures de prévention simples, efficaces et non cruelles peuvent être mises en place, comme enterrer la clôture, grillager le sol, utiliser l’effarouchement, etc.

Il protège nos cultures écologiquement

Toujours classé dans la liste des « animaux susceptibles d’occasionner des dégâts » (ex « nuisibles »), le renard est pourtant un allié du monde agricole. Alors que des produits toxiques catastrophiques pour l’environnement sont toujours utilisés pour lutter contre les rongeurs, un animal peut consommer à lui seul plus de 6 000 campagnols en une année (4). Il représente donc une solution efficace, gratuite et non polluante pour protéger nos cultures et notre santé.

La vraie raison du massacre des renards : protéger les proies des chasseurs !

Sous couvert d’une prétendue surpopulation, de risques sanitaires et d’attaques de poulaillers, cet abattage massif de renards autorisé par le préfet de Seine Maritime vient surtout « protéger » les proies des chasseurs, la perdrix grise notamment.

Il est scandaleux que 1430 renards soient abattus pour faciliter ce loisir mortel pratiqué par quelques-uns !

Ensemble, nous demandons à Monsieur le préfet d’annuler son arrêté. Il est temps de respecter le renard pour ce qu’il est !

Premiers signataires :

– Marc Giraud, écrivain et chroniqueur animalier, porte-parole de l’ASPAS,
– Laurent Begue-Shankland, membre de l’Institut Universitaire de France, directeur de la Maison des Sciences de l’Homme-Alpes ;
– Camille Brunel, journaliste, écrivain et critique de cinéma ;
– Béatrice Canel-Depitre, maitre de conférence à l’Université du Havre ;
– Evelyne Cash, médecin, consultante Santé publique ;
– Roland Cash, médecin, consultant Économie de la santé ;
– Marie Charpentier, directrice de recherches au CNRS ;
– Julien Dugnoille, maitre de conférence en Anthropologie à l’Université d’Exeter ;
– Catherine Helayel, juriste, essayiste, présidente Animal Justice Droit ;
– Élise Huchard, chercheuse en écologie comportementale, CNRS ;
Marie-Claude Marsolier, chercheure, généticienne ;
– Philippe Reigné, agrégé des facultés de Droit, co-fondateur de Paris Animaux Zoopolis.
– Florence Burgat, philosophe, directeur de recherche (INRAE/ENS) ;
– Yaël Angel, docteure en droit, photographe, rédactrice du Petit Journal du Parti animaliste ;
– Corinne Rolland et Sébastien Valembois, cofondateurs du Collectif Renard Blaireau ;
– Murielle Arnal, Présidente de One Voice ;
– Pierre Athanaze, Président d’Action Nature Rewilding France ;
– Sébastien Valembois, Président association Green ;
– Sophie Dol, docteur vétérinaire ;
– Allain Bougrain-Dubourg, journaliste, écrivain, président de la LPO ;
– Dorothée Aillerie, docteur vétérinaire ;
– Virginie Boyaval : Présidente de l’association Meles.

Associations signataires :

– ASPAS ;
– AVES ;
– Acta Antispécisme ;
– Green ;
– Action Nature Rewilding France ;
– Animal Justice Droit ;
– Collectif Renard Blaireau ;
– L 214 Éthique et Animaux ;
– One Voice ;
– Meles.



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