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Où sont passés les 3 petits cochongliers d’Etaux ?

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Le 21 juin dernier, une éleveuse de chevaux à Etaux en Haute-Savoie a contacté l’ASPAS pour lui signaler la présence de 3 marcassins sur sa propriété. Ce sont des animaux très peu farouches, et pour cause : marqués à l’oreille, ils proviennent vraisemblablement d’un élevage, et sont donc habitués à être nourris par l’homme… Or il n’y a pas d’élevage de sangliers (déclaré) à proximité ; on peut donc supposer qu’ils ont été volontairement relâchés pour la chasse… une pratique pourtant totalement interdite en France.

Les jours passent, et les 3 petits sangliers semblent élire domicile dans la ferme de Mme Coste, où elle les voit souvent traverser la route chercher la compagnie de ses chevaux, dans la prairie. Ils sont tellement peu sauvages qu’elle parvient à les photographier de très près. Les jours passent, et de plus en plus de curieux viennent les observer depuis leur voiture.

De peur que les marcassins soient abattus, Mme Coste entreprend des démarches pour qu’un parc animalier puisse les accueillir. Dans le même temps, une pétition est lancée, vite signée par plus de 50 000 personnes. Ayant eu vent de l’affaire, des chasseurs se présentent alors sur place en promettant à Mme Coste qu’ils seraient capturés et placés dans un parc ou ils ne seraient pas chassés. C’est en ce sens que les signataires de la pétition ont obtenu un message annonçant victoire.

Hélas, peu de temps après, d’autres individus habillés « en uniforme » d’après le témoignage de Mme Coste (lieutenants de louveterie ? Agents de l’OFB ?) se présentent au domicile de Mme Coste et la mettent en garde contre la capture de ces animaux, invoquant le risque qu’ils soient porteurs de la peste porcine. Quelques jours plus tard, les marcassins disparaissent… Ont-ils été abattus ? Déplacés ? A ce stade Mme Coste n’a pas obtenu de réponse, mais elle a sa petite idée…

Sangliers : la gestion catastrophique des chasseurs 

Dans les années 1960, les sangliers étaient bien plus rares qu’aujourd’hui. A l’époque, ce sont les paysans eux-mêmes qui « gardaient » leurs cultures, avec un « droit d’affût » prévu par le Code rural. Une disposition qui a été modifiée sur demande des chasseurs, afin qu’ils puissent récupérer, au début des années 70, la « gestion » des sangliers dans l’idée de relancer la course aux trophées. C’est là que les choses se gâtent. Pour s’assurer un gibier abondant, les « premiers écologistes » de l’époque ont élevé des sangliers en les croisant parfois avec des cochons domestiques (les fameux « cochongliers »), puis les ont lâchés dans la nature et les ont nourris artificiellement. Aujourd’hui, nos « pompiers-pyromanes » doivent gérer l’explosion des populations et la multiplication des dégâts agricoles qui sont en partie liées à cette gestion calamiteuse, et à certaines pratiques opaques toujours en vigueur : agrainage, chasse sélective, élevages clandestins…

Élevages clandestins & évasions des parcs de chasse

Officiellement les chasseurs le nient, évidemment, mais les élevages clandestins de sangliers (souvent hybridés avec des cochons domestiques) sont une réalité en France, de même que des relâchers sauvages. Ces pratiques sont marginales, mais elles existent. En Normandie, par exemple, deux élevages illicites ont été révélés au grand jour en 2019 (lire ici).

Par ailleurs, il arrive que des sangliers s’échappent des élevages, parcs et enclos de chasse (oui, en France, chasser des sangliers et autres animaux maintenus en captivité est légal ! Notre campagne à ce sujet : aspas-nature.org/chasse-enclos). Une enquête de l’ONCFS de 2012* a révélé que pour 10% de la totalité de ces structures en France, « l’état de la clôture est considéré comme douteux ou non étanche ». Ce sont ainsi plus de 1100 sangliers qui se seraient échappés entre 2006 et 2008. Les données sont un peu anciennes, mais vu l’opacité qui règne autour de ces lieux peu contrôlés, on imagine sans peine que ces évasions sont toujours une réalité en 2020.

* Saint-Andrieu et al. 2012. 



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