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Non aux battues de chasse dans les zones à ours ! | Le Mouvement Associatif Centre


Une semaine après qu’un chasseur a tué une ourse, près de Seix en Ariège, une information judiciaire contre X a été ouverte le 26 novembre pour destruction d’une espèce protégée et chasse illégale dans une réserve de chasse et de faune sauvage. L’ASPAS se portera naturellement partie civile si l’infraction est avérée, et demande dès maintenant la fin de toute battue en zone à ours !

Le 20 novembre 2021, près de Seix en Ariège, un chasseur septuagénaire participant à une battue aux sangliers a été blessé à la jambe par une ourse accompagnée de ses oursons. Il l’a tuée, ce qui pose encore une fois le problème des battues en pleine zone à ours : soit les chasseurs ne connaissent pas la nature, soit ils s’en moquent.

Dès le 25 novembre, l’ASPAS communiquait sur ses réseaux sociaux l’information selon laquelle le chasseur était posté 200 mètres à l’intérieur de la Réserve domaniale du Mont Valier, une zone naturelle grande de 9037 hectares « protégée » depuis 1937, et gérée par l’Office National des Forêts (ONF). Mais nous sommes en France : qui dit Réserve ne dit pas forcément interdiction de la chasse…

Le lendemain, le parquet de Foix a tenu une conférence de presse annonçant l’ouverture d’une information judiciaire pour destruction d’une espèce protégée et pour chasse illégale dans une réserve de chasse et de faune sauvage. Chose surprenante, selon l’arrêté préfectoral encadrant la chasse en Ariège pour la saison 2021-2022, les battues aux sangliers sont possibles TOUS LES JOURS dans cette Réserve ! Or en cas de présence avérée d’une ourse suitée, toute battue se doit d’être annulée. Les investigateurs disposent-ils d’éléments à charge prouvant l’illégalité de cette battue, voire démontrant l’intentionnalité du chasseur d’abattre l’ourse ? L’enquête nous le dira. Espérons qu’elle soit rapide, efficace et surtout transparente. L’ASPAS se portera naturellement partie civile si les infractions sont avérées.

Au-delà de ce cas particulier, cet accident pose la question de l’utilité de la chasse en haute-montagne où il y a présence de grands prédateurs.  Ce drame aurait pu être évité, si les chasseurs avaient respecté le territoire de l’ours. Aucune régulation n’est nécessaire en haute montagne, a fortiori quand des sangliers se trouvent plus bas dans la vallée, entretenus artificiellement par les chasseurs qui ont recours au tir sélectif et à l’agrainage. Cette ourse suitée était connue des naturalistes dans le secteur : s’il s’avère que les chasseurs étaient conscients de sa présence, c’est très grave, car ils savaient le risque encouru !

Et les oursons ?

Il est difficile de faire des pronostics sur la survie des oursons, orphelins de leur mère le 20 novembre. Tout dépend si l’ourse avait déjà repéré sa tanière hivernale ou non. Si oui, alors les oursons devraient s’en sortir, car ils sont a priori sevrés et en âge de se débrouiller seuls. Pour garantir leur survie cependant, il faudrait que l’OFB intervienne pour les capturer et les laisser hiberner en lieu sûr. Mais encore faut-il que l’État mette les moyens !

 



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