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Immersion en culture végé: une sélection de livres à lire et à offrir | Le Mouvement Associatif Centre

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Que de bons essais, romans, livres jeunesse et BD en lien avec le végétarisme et le véganisme sont parus cette année 2020 ! La revue trimestrielle de l’AVF, Virage, s’en est fait l’écho au fil de ses numéros : ses recensions d’ouvrages témoignent d’une “culture végé” en pleine ébullition, foisonnante et emballante à défaut d’être “essentielle”. Retrouvez quelques-uns des ouvrages que les rédactrices de Virage vous recommandent, pour vous instruire et vous distraire, vous immerger dans la culture végé, que vous soyez végane, végé, en transition ou simplement curieux.

Recensions issues des n°6, 7, et 8 (à paraitre) de la revue Virage, par Charlotte Cottrez, Marianne Fontaine, Elyne Etienne, Karine Freund-Vernette, Sophie Choquet.

Animal Radical, Jérôme Segal. Lux Éditeurs, mars 2020.

Vos proches ne comprennent pas pourquoi vous vous revendiquez « antispéciste » ? Vous êtes sensibilisé aux luttes animalistes et aimeriez mieux connaître leurs origines, leurs méthodes d’action et leurs principes théoriques ? Bonne nouvelle : le nouvel ouvrage du chercheur et militant Jérôme Segal est fait pour vous ! Retraçant dans un premier temps les liens historiques du mouvement antispéciste avec l’anarchisme et le socialisme, puis avec les luttes féministes et antiracistes, le livre analyse ensuite les spécificités de l’animalisme d’aujourd’hui. Diversité des modes d’action, finalités du mouvement, grands principes théoriques et vision à long terme : tout ce qui fonde ce mouvement politique encore méconnu en France y est analysé et expliqué. L’angle choisi est militant et bien entendu favorable à la cause. Mais l’auteur se veut avant tout scientifique et critique, se montrant donc soucieux de présenter et de discuter différents points de vue. C’est un livre agréable à lire, dont le style est dynamique, ce qui le rend accessible à un large public, familiarisé ou non à la cause animale. Bref, une lecture d’été sympathique pour qui veut (re) découvrir les bases politiques d’une cause juste et passionnante, dont les militants, partout dans le monde, sont mobilisés par un maître mot : la compassion et le souci de justice. On recommande !

Des animaux au prétoire, XIVe – XXe siècle, Chantal Knecht, Plon, mai 2020 9€.

Ça se lit comme des histoires joliment troussées, brodant sur un canevas judiciaire. On y découvre une société humaine intriquée à la vie des animaux, domestiques ou sauvages. On y suit les enquêtes, rondement menées, les déclarations contradictoires d’une partie des protagonistes, notamment un perroquet dont le verbiage suscite quelques effets de manche, et le difficile exercice des droits de la défense. On croise dans le box des accusés jument et brebis de mœurs légères, truie anthropophage, ravageurs charançons et dauphins voraces, matous de sulfureuse réputation… Seuls ou en groupe, les animaux doivent se soumettre à la justice des hommes comme aux décrets divins, qui se sont longtemps confondus. Ceux qui aiment le droit et l’histoire comme les amateurs de contes passeront entre ces pages des moments aussi divertissants qu’instructifs.

L’antispécisme, Valéry Giroux – éditions PUF, Que sais-Je?, juin 2020, 9€

Si l’antispécisme était quasiment inconnu du grand public il y a quelques années, c’est aujourd’hui une notion de plus en plus médiatisée, malheureusement mal définie, incomprise ou confondue avec le véganisme. Dans ce nouvel opus des éditions Que sais-je ?, la philosophe québécoise Valéry Giroux dresse un panorama complet de l’histoire de l’antispécisme et des débats liés à ce sujet. Après une définition complète et contextualisée de l’antispécisme, elle reprend un à un les différents courants liés au concept de spécisme. Si vous avez déjà croisé les termes de « spécisme radical », de « spécisme attributif » ou encore de « spécisme absolu » sans savoir précisément à quoi ils font référence ou en quoi ils diffèrent, vous trouverez dans ce livre des explications claires et des exemples concrets – parfois volontairement absurdes – pour mieux comprendre ces notions.

L’autrice n’oublie pas de répondre aux objections courantes faites à l’antispécisme (par exemple, les animaux seraient incapables d’avoir des devoirs moraux). S’attardant sur la stérilisation des animaux domestiqués ou sur la protection des animaux sauvages, elle fait ainsi émerger quelques-unes des problématiques que pourrait rencontrer une société antispéciste.

En résumé, cet ouvrage propose une synthèse claire et accessible de tout ce qu’il y a à connaître aujourd’hui sur l’antispécisme, tout en gardant un regard critique sur les éléments qui n’apportent pas encore de réponse satisfaisante. Il deviendra rapidement une référence de votre bibliothèque antispéciste !

Solidarité animale : défaire la société spéciste, Axelle Playoust-Braure et Yves Bonnardel – Éditions La Découverte, juin 2020, 18€

Axelle Playoust-Braure, chercheuse en sociologie et corédactrice en chef de L’Amorce, et Yves Bonnardel, philosophe et militant libertaire et égalitariste, proposent ici un ouvrage théorique sur l’antispécisme et sur ses implications pour notre société. Après un état des lieux de la situation actuelle concernant l’exploitation animale, les deux auteurs consacrent une longue partie à l’humanisme et à la façon dont celui-ci sert l’idéologie spéciste en créant d’emblée une barrière entre les êtres humains prétendument supérieurs et les animaux. Ils reviennent également sur les différentes stratégies mises en œuvre dans le milieu animaliste pour en mesurer l’efficacité à court et à long terme.

Un parallèle est également fait avec le mouvement écologiste, dans lequel les appels à la nature sont quasiment omniprésents, et qui ne prend en compte la question animale que depuis très récemment. Les animaux sont souvent considérés comme une ressource, indispensable à l’environnement (« il faut préserver les animaux pour l’équilibre de la biodiversité ») mais non pour eux-mêmes. Un ouvrage passionnant qui remet en question beaucoup d’idées préconçues sur la cause animale et l’écologie !

Une vision du végétarisme et de la paix, Abraham Isaac Kook, l’Âge d’Homme, juin 2020, 12€

Ce recueil de textes du grand rabbin Abraham Isaac Kook rédigés au début du xxe siècle a été traduit par David Chauvet (Contre la mentaphobie, et Taxer la viande, éditions L’âge d’Homme)

Le traitement des animaux par les religions est un sujet souvent délicat du fait des diverses interprétations des textes fondateurs. Ici, Kook analyse certains passages de la Torah pour expliquer que la religion juive tend à valoriser le végétarisme et le voit comme une obligation morale vis-à-vis des animaux. La consommation de viande ne serait que temporairement tolérée en attendant un temps messianique, où les violences entre les hommes n’auront plus lieu.

Certains propos peuvent aujourd’hui nous sembler datés ou en contradiction avec sa défense du végétarisme : il approuve par exemple à plusieurs reprises l’abattage rituel en niant la souffrance animale qu’il implique. Aussi établit-il d’emblée une hiérarchie entre les animaux et les humains, ceux-ci étant, pour lui, supérieurs en tout point et devant être l’objet prioritaire de la compassion de leurs semblables.

Ces textes restent néanmoins essentiels d’un point de vue théologique et ils viennent combler une absence éditoriale française concernant la pensée juive vis-à-vis du végétarisme.

Les Métamorphoses, Camille Brunel – Alma Éditeur, août 2020, 17€

Que se passerait-il si une pandémie planétaire transformait les humains en animaux ? Cette question constitue le point de départ du nouveau roman de Camille Brunel. L’héroïne, Isis, une jeune femme végane vivant une relation très fusionnelle avec sa chatte Dinah, voit son environnement basculer quand elle entend parler d’êtres humains qui se métamorphosent en animaux.

Comment considérer les animaux s’ils ont potentiellement été humains auparavant ? Doit-on d’ailleurs toujours les considérer comme des humains ou comme des animaux à part entière ? Au-delà de l’antispécisme, ce roman nous renvoie à des questionnements plus universels : accepterions-nous de continuer à vivre avec la personne qui partage notre vie si celle-ci n’était plus la même physiquement ? Notre système actuel est-il armé pour faire face à une pandémie ?

L’ambiance réaliste saupoudrée d’étrangeté rappelle par moments celles des romans de Haruki Murakami (Kafka sur le rivage, 1Q84). Le style est fluide, les pages s’enchaînent rapidement, même si le roman est plutôt centré sur la réflexion que sur l’action. Un roman actuel et intimiste, qui interrogera chacun sur ses choix et sur sa vision de la société moderne.

Des graines et du boudin, en route vers l’aventure végane – Badger, La Plage, juin 2020, 15,95 €

« Finalement, en finir avec l’exploitation animale, ça se résume un peu à jouer une partie géante de Mikado. Il y a des bâtonnets plus faciles que d’autres à remporter. Et d’autres qu’on ne réussira pas à attraper sans faire bouger le tas ». Ce livre offre une excellente plongée au cœur du véganisme, en démarrant sans faux-semblant par une description de la réalité crue de l’élevage. Cette première partie est composée de jolis dessins, de beaucoup de second degré, mais surtout d’éléments factuels faisant froid dans le dos sur les conditions d’élevage et d’abattage de millions d’animaux. Chiffres précis, schémas et graphiques à l’appui, cette bande dessinée permet d’entrevoir que le seul choix éthique raisonnable est celui de la lutte contre l’exploitation animale. Avant de nous emmener, de manière toujours aussi drôle, subtile, et précise, jeter un œil sur les données environnementales, sanitaires et sur celles qui touchent à la sécurité alimentaire : autant de bonnes raisons d’entamer une réelle transition alimentaire. Et de conclure que la route est certes longue et semée d’embûches avant qu’advienne un monde végane, mais que nous ne devons pas pour autant renoncer individuellement et collectivement à nous acheminer vers cet horizon. Une bande dessinée à mettre entre toutes les mains pour une prise de conscience garantie !

On n’est pas du bétail, Le Cil vert et Jean-Fred Cambianica, éd. Delcourt, octobre 2019

Grâce à l’idée loufoque d’un professeur de SVT, qui confie un animal à chacun de ses élèves, débute une vaste remise en question pour Braillane et ses camarades. Et comme celui-ci serait prêt à tout pour séduire Perrine, cesser de manger des animaux comme militer pour leurs droits, il entraîne sa classe à s’intéresser au véganisme ! Ils vont alors découvrir la sensibilité des animaux non humains, l’élevage intensif et ses effets sur l’environnement (pollution, déchets en plastique, réchauffement climatique, déforestation, expulsion des petits paysans et faim dans le monde) et chercher comment changer leurs habitudes.

À travers sept histoires farfelues enrichies de chiffres et entrecoupées d’une double page d’informations aux infographies ludiques, cette bande dessinée pédagogique propose ainsi une réflexion complète, argumentée mais également humoristique, avec des personnages décalés de type cartoon. Le fruit d’une belle coopération entre les deux scénaristes et l’association L214, qui nous plonge dans l’ambiance du collège et met efficacement les adolescents au cœur du débat !

Les aventures de Lou, Ptit cœur et Bulle le chien, Guillaume Corpard, Phisosohapi, éditions Parthélie, novembre 2020, 18,90€

Trois personnages, Lou, Ptit Cœur et Bulle le chien, nous entrainent dans leur voyage imaginaire, dans un monde où règne paix, harmonie, justice, où les animaux sont heureux, les humains épanouis et la nature respectée. Ce bel album jeunesse est destiné tout autant aux enfants à partir de 6 ans qu’aux adultes qui souhaitent construire un monde meilleur. C’est un précieux outil pour aider les nouvelles générations à s’émerveiller de la beauté de la vie et à prendre conscience de la grande famille des animaux qui peuplent la terre, comme le rappelle Matthieu Ricard dans sa préface. Parents et enfants lecteurs aimeront les textes en rime et le message enthousiaste de Guillaume Corpard, et s’évaderont avec les magnifiques illustrations de Phisosohapi.

 



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