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Chasse sous terre : pourquoi l’arrêté du 1er avril 2019 ne change rien

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« Tenant compte des travaux du gouvernement sur la notion de bien-être animal », le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire a publié le 11 février 2019 un projet d’arrêté modifiant l’arrêté du 18 mars 1982 concernant l’exercice de la vénerie sous terre...

L’ASPAS avait appelé à participer à la consultation publique, pour dénoncer des mesures cosmétiques et inapplicables, qui visent uniquement à tenter de redorer l’image d’une pratique inqualifiable… Hélas, l’arrêté a été entériné le 1er avril 2019.

Vénerie sous terre : une barbarie d’un autre âge

© Mélès

Blaireaux, renards, parfois ragondins : ces animaux peuvent être détruits directement dans leur terrier, chaque année en France, par des tortionnaires munis de pioches, de pelles et de grandes pinces, aidés de petits chiens de chasse entraînés à débusquer les innocentes victimes.

Les animaux ainsi poursuivis endurent des heures de stress, terrorisés au fond de leur terrier, mordus par les chiens – parfois même déchiquetés vivants pour les petits – pendant que les chasseurs creusent pour les atteindre. Ils sont ensuite extraits brutalement du terrier avec des pinces métalliques, puis, s’ils n’ont pas été tués par les chiens, exécutés avec un fusil ou une arme blanche.

La période d’ouverture de ce mode de chasse s’étale de l’ouverture générale de la chasse (mi-septembre) au 15 janvier, et le préfet peut, en application de l’article R 424-5 du code de l’environnement l’autoriser pour une période complémentaire à compter du 15 mai jusqu’à l’ouverture générale. Il en résulte que le blaireau ne bénéficie que de 3 mois de répit et peut être chassé de la sorte pendant 8 mois : du 15 mai au 15 janvier. Or, la période d’allaitement des blaireautins s’étale au-delà du 15 mai, et les jeunes restent dépendants jusqu’à l’automne, ils sont donc présents dans les terriers pendant la période de déterrage…

Ce que modifie l’arrêté de février 2019

© Mélès

Le Ministère parle de « limiter la souffrance des animaux capturés ». Comment ? En supprimant du texte la mention « ou à l’y faire capturer par les chiens eux-mêmes » , et en rajoutant la phrase « Il est interdit d’exposer un animal pris aux abois ou à la morsure des chiens avant sa mise à mort ».

Toute mesure visant à limiter cette pratique barbare et la prise en compte du bien-être animal est bienvenue, mais seule l’interdiction totale de cette pratique est acceptable !

En résumé, la pratique du déterrage continuera, les petits blaireautins ou renardeaux ne pourront théoriquement plus être déchiquetés vivants par les chiens, par contre ils seront toujours extirpés avec des pinces et tués à l’aide d’une pelle, d’un fusil ou d’une arme blanche.

L’autre mesure adoptée qui consiste à interdire la capture « par les chiens eux-mêmes » est inapplicable en l’espèce ! Les chasseurs n’ont aucune maîtrise des chiens une fois introduits dans les galeries, ils ne peuvent que suivre la progression des chiens sous terre aux sons de leurs aboiements. Il est alors illusoire de croire que les animaux acculés ne se livreront pas à un combat avec les chiens, et que les petits ne seront pas déchiquetés. Cette pratique est de fait incompatible avec la notion de bien-être animal, tant vis-à-vis des animaux chassés, que des chiens régulièrement gravement blessés lors de ces combats.

Pourquoi il est urgent d’interdire le déterrage !

Ces quelques modifications cosmétiques proposées par le Ministère ne changent rien à la finalité même de la vénerie sous terre : celle de supprimer des animaux vivants, jugés indésirables par l’homme qui s’octroie un droit de vie et de mort sur des êtres sensibles.

© Mélès

Surtout, cet arrêté ne prend nullement en compte l’immense stress enduré par les animaux terrorisés, pris au piège pendant des heures, voire une journée, au fond de leur terrier… Un traumatisme souvent mortel : la myopathie de capture.

La pratique barbare du déterrage est injustifiable en France, en 2019, dans un pays qui reconnaît paradoxalement la sensibilité animale… Il est grand temps que l’Etat entende la voix de ses citoyens : 83 % des Français sont contre la vénerie sous terre !

Résultats de la consultation publique du 11/02/2019 au 04/03/2019

L’ASPAS avait appelé à participer à la consultation publique organisée en marge de cet arrêté. Plus de 6 400 contributions ont été transmises au Ministère qui n’a pas changé une virgule au texte. La synthèse a été rendue publique le 22 mai 2019 (Cliquez ici pour la consulter).

Relayez notre campagne « STOP au déterrage des blaireaux ! »

Alors que le blaireau est protégé dans de nombreux pays européens (Belgique, Irlande, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Hongrie, Danemark, Portugal, Espagne, Italie…) car sa présence est le gage d’une nature préservée, il est classé en tant que gibier en France – alors que personne ne le mange ! – et chassé sans répit neuf mois et demi par an. Le pire étant le déterrage, ou vènerie sous terre…

SIGNEZ POUR LES BLAIREAUX !

 

 

 



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